Forme et VitalitéSommeil

Le sommeil

Le sommeil occupe un tiers de notre vie. À 60 ans, nous aurons passé 20 ans à dormir, dont 5 ans à rêver ! On définit le sommeil comme un état physiologique temporaire qui s’accompagne de la suppression de la vigilance et du ralentissement du métabolisme de base. Le sommeil joue un rôle essentiel de récupération pour notre organisme. Pourtant, il est souvent mal connu et un grand nombre d’entre nous souffre de troubles du sommeil, avec des conséquences dans notre vie diurne.

 

La physiologie du sommeil

Nous sommes des êtres cycliques, notre organisme fonctionne suivant des rythmes. Le rythme éveil/sommeil, par exemple, est circadien, c’est-à-dire qu’il se déroule sur 24 heures. Notre organisme possède une "horloge interne" localisée dans les noyaux suprachiasmatiques, au niveau de l’hypothalamus (dans le cerveau) qui régule tous nos rythmes biologiques : périodes d’activités, de repos, de sécrétions hormonales... Toutefois, cette horloge ne travaille pas seule. Nos rythmes sont également influencés par des facteurs extérieurs, tels que la lumière et les bruits. Tout au long de la journée, notre cerveau est attentif aux messages du monde extérieur et nos performances physiques et mentales sont maximales. C’est la phase d’éveil. Puis, en fin de journée, la sécrétion de mélatonine (hormone du sommeil sécrétée par la glande pinéale et favorisant les phases de sommeil) commence. La température du corps s’abaisse. Ce sont les premiers signes de l’endormissement. Ces messages sont traités au niveau du cerveau, qui décide alors de ne plus tenir compte des stimulations du monde extérieur. Toute une communication interne s’organise alors. C’est le sommeil.

cycles - sommeil - schéma

Pendant la phase de sommeil, le cerveau traite et classe les informations accumulées au cours de la journée. Notre mémoire serait également consolidée et le stock en glycogène, nécessaire au fonctionnement diurne du cerveau, reformé. La plupart des hormones sont sécrétées durant la nuit, telle l’hormone de croissance qui est essentielle au bon développement de l’organisme. Puis, à l'approche du réveil, est sécrété le cortisol (hormone surrénalienne) qui permet d’augmenter le taux de nutriments circulant dans le sang, éléments indispensables au bon fonctionnement journalier de l’organisme. Un nouveau cycle d’éveil est ainsi préparé. Le cerveau recommence à intégrer et à analyser les messages de l’extérieur. C’est le réveil.
 

Les différentes phases du sommeil

On sait aujourd’hui, grâce à l’électroencéphalogramme (mesure de l’activité électrique du cerveau par des électrodes disposées sur le cuir chevelu), que le sommeil se divise en deux : le sommeil lent et le sommeil paradoxal. Une nuit de sommeil dure en moyenne 8 heures et correspond à une alternance de cycles d’environ 90 minutes qui se répètent 4 à 5 fois par nuit en moyenne.

On distingue 4 grandes phases :
- L’éveil calme précède les cycles de sommeil. Cette phase, plus ou moins longue, prépare l’endormissement. Le sujet présente les signes précurseurs du sommeil : bâillements, clignements des paupières, inattention à l’environnement.
- Le sommeil lent (environ 75 % d’un cycle) est caractérisé par une activité électrique à ondes lentes. On distingue 4 stades. L’endormissement (stade I) correspond à une période très courte, au cours de laquelle peuvent se produire des hallucinations. Il est suivi du stade II, puis des stades III et IV, qui constituent le sommeil profond et où interviennent les cauchemars, les terreurs nocturnes, et quelques rêves. Pendant le sommeil profond, les signes vitaux (la température du corps, la fréquence respiratoire, le pouls et la pression artérielle) s’abaissent.
- Le sommeil paradoxal (25 % d’un cycle) est caractérisé par une augmentation de la température du corps. Le cœur se met à battre plus rapidement, la fréquence de la respiration augmente et la motilité de l’estomac et des intestins diminue. Les ondes enregistrées ressemblent à celles de l’état de veille alors que le sujet est bien endormi, d’où le nom de sommeil paradoxal. On le nomme également sommeil onirique (sommeil des rêves) ou sommeil MOR (Mouvements Oculaires Rapides) car les yeux se déplacent rapidement sous les paupières. Les muscles sont paralysés (atonie musculaire) pour empêcher le corps de vivre nos rêves.
- La phase intermédiaire est le moment du "choix" entre le réveil et un nouveau cycle de sommeil. La présence de brefs éveils à la fin des cycles (12-15 minutes au total) est tout à fait normale. La plupart du temps, on ne se souvient pas de ces éveils le matin au lever, mais certaines personnes se les rappellent et ont la sensation de ne pas avoir dormi de la nuit.
 

Le sommeil à chaque âge de la vie

- Le fœtus est un gros dormeur. Dès la 20e semaine, il existe une alternance de périodes d’activité et d’immobilité, indépendante de celles de la mère.
- Le nouveau-né dort beaucoup, 16 heures en moyenne, réparties sur des cycles courts de 50 à 60 minutes. Le rythme jour/nuit commence à se mettre en place vers le 3e mois.
- L’enfant de 4 à 12 ans est très vigilant pendant la journée. La sieste disparaît peu à peu. Le temps de sommeil diminue.
- Les rythmes veille/sommeil de l’adolescent sont soumis aux contraintes environnementales et hormonales.
- L’adulte dort en moyenne 8 heures par nuit.
- Chez la personne âgée, le sommeil tend à se morceler. Des périodes de sommeil diurne apparaissent avant ou après le déjeuner et vers 16h.