Forme et VitalitéBaisse de moral

La dépression

 

La dépression est l’une des maladies psychiques les plus répandues. Selon une enquête réalisée en 2005 par l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé), 8 % des Français de 15 à 75 ans (soit près de 3 millions de personnes) ont vécu une dépression au cours des douze mois précédant l’enquête. 19 % des Français de 15 à 75 ans (soit près de 9 millions de personnes) ont vécu ou vivront une dépression au cours de leur vie. La dépression est une maladie qui peut toucher chacun d’entre nous, quels que soient son âge, son sexe, son niveau social…

 

Les différentes formes et définitions de la dépression

La dépression n’est pas un mal-être existentiel, ni un coup de déprime. Le fait de se sentir triste, d’être déprimé, d’avoir des idées noires ou des difficultés à dormir ne veut pas forcément dire que l’on souffre de dépression. Les moments de cafard, de blues, de doute ou de questionnement font partie de la vie. Au fil du temps et des événements, chacun de nous expérimente toute une gamme de sentiments, du plus triste au plus optimiste.
À l’intérieur de cette large palette d’émotions, la tristesse, le découragement et le désespoir représentent des expériences humaines normales. Ces variations et ces baisses de l’humeur ne doivent pas être confondues avec ce qu’éprouve une personne dépressive.

Pour pouvoir parler de dépression, et donc de maladie, il faut :

  • - que ces perturbations de l’humeur soient multiples et bien caractérisées ;
  • - qu’elles se manifestent de façon (quasi) permanente pendant une longue période (supérieure à deux semaines) ;
  • - qu’elles entraînent une gêne importante dans un ou plusieurs domaines de la vie quotidienne (difficulté ou incapacité de se lever, d’aller à son travail, de sortir faire ses courses…).

La dépression traduit un état psychique pathologique associant une modification pénible de l’humeur et un ralentissement de l’activité intellectuelle et motrice. Il en existe de nombreuses formes et il ne faut pas systématiquement assimiler baisse de moral passagère à dépression. La dépression touche tout le monde soit directement soit un de ses proches. Personne n’est à l’abri et elle nécessite des soins médicaux et l’écoute d’un professionnel de santé.
 

Les signes évocateurs de la dépression

Nous pouvons avoir l’impression de connaître cette maladie sans pour autant en avoir jamais été atteint. L’explication est simple : parmi la large gamme d’émotions et de sensations que nous éprouvons au cours de notre vie, certaines sont très douloureuses. Nous en concluons hâtivement qu’être dépressif consiste à ressentir plus fortement et plus longtemps de telles souffrances. Et cela nous incite à croire que nous pouvons facilement comprendre ce que vit une personne souffrant de dépression. Mais la réalité est différente. En effet, avant leur entrée dans cette maladie, les personnes souffrant de dépression ressentaient, elles aussi, un large éventail d’émotions agréables ou douloureuses. Or, toutes ces personnes disent que leur état au cours de la dépression est très différent de tout ce qu’elles pouvaient avoir connu auparavant. Les émotions qu’elles éprouvent, les idées qui les traversent sont imprégnées d’une souffrance morale permanente, plus insupportable que toute autre souffrance déjà endurée. Autre différence avec les émotions habituelles de la vie, les personnes ont l’impression d’être coupées de leur entourage.

L’état dépressif se caractérise par un changement profond, une véritable rupture, par rapport au fonctionnement habituel. Trois éléments principaux sont typiques de cet état :

  • - une tristesse inhabituelle, différente, d’après les personnes qui souffrent de dépression, de la tristesse normale. Cette tristesse est particulièrement intense, elle n’est pas « directement » reliée à une cause, rien ne l’apaise, elle se mêle d’angoisse et d’un sentiment de « fatalité » ;
  • - une perte d’intérêt et de plaisir qui touche tous les domaines de la vie ;
  • - une association de plusieurs symptômes durables qui entravent douloureusement la vie quotidienne.


Il est important de consulter un médecin, dans les meilleurs délais, si plusieurs des symptômes suivants persistent depuis au moins deux semaines, et ce, tous les jours :

  • - une humeur triste,
  • - une baisse réelle du plaisir et de l'intérêt pour presque toutes les activités,
  • - un changement marqué de l'appétit ou du poids,
  • - des problèmes de sommeil (manque / excès),
  • - une attitude agressive inhabituelle ou une grande sensibilité émotionnelle (un rien provoque des larmes),
  • - une fatigue importante,
  • - un sentiment de dévalorisation et de culpabilité excessive,
  • - des problèmes de concentration et de prise de décision,
  • - des pensées morbides ou des idées suicidaires.
     

Les facteurs de risque de la dépression

Certains facteurs peuvent concourir à augmenter les risques de dépression chez un sujet :

  • - des épisodes douloureux à répétition (mort d’un conjoint ou d’un parent, divorce ou séparation…),
  • - la vie dans une ambiance de stress chronique : un emploi du temps trop chargé, un manque chronique de sommeil, une maladie invalidante…,
  • - le fait de se sentir constamment débordé et ressentir une perte de contrôle sur son existence,
  • - des carences nutritionnelles : vitamine B6 (surtout chez les femmes prenant des contraceptifs oraux), vitamine B12 (surtout chez les personnes âgées et les gens qui consomment beaucoup d’alcool), vitamine B9, fer, acides gras, oméga 3 ou certains acides aminés,
  • - l'excès d'alcool et de drogues.

 

Se faire soigner et guérir de la dépression

La dépression est une maladie : la consultation d'un médecin est indispensable pour pouvoir sortir de cet état. Au cas par cas, il pourra préscrire une psychothérapie seule ou en parallèle d'un traitement médicamenteux. Au fil des semaines et des mois vous devrez être suivi pour ajuster le dosage du traitement jusqu'à le stopper une fois la dépression guérie. Cette prise en charge est primordiale, mais pour en bénéficier il faut reconnaître la maladie. Ce sont souvent les amis ou la famille qui tirent la sonnette d'alarme, voyant leur proche sombrer dans un état inhabituel, presque moribond et dont ils n'arrivent pas à l'en extirper.

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