Le Romarin

Aide à la digestion et à l'élimination des déchets

 

Description

Du latin rosmarinus, « rosée de mer ». Le romarin est un arbuste aromatique (famille des lamiacées), à l’écorce grisâtre, aux feuilles persistantes en forme d’aiguilles et à fleurs bleues fleurissant au printemps. Le romarin est particulièrement utilisé en cuisine pour son arôme et en phytothérapie pour ses vertus digestives et respiratoires.

 

 

 

Culture

Le romarin est une plante d’Europe méridionale, originaire de Tunisie et du Maroc, adepte des sols secs, exposés au soleil. Pourtant, au fil du temps, la culture de cet arbuste a "migré" vers le nord ; il fut rapporté en Angleterre au XIVe siècle par Philippa de Hainault, épouse d’Edouard III. Bien arrosé et cultivé, le romarin peut atteindre jusqu’à 2 mètres de haut. Le romarin plus petit, celui des sols arides, dégage des effluves de parfum beaucoup plus soutenues et plus corsées. Il se récolte, en général, dès le début du printemps et jusqu’à la fin de l’été. Il existe trois variétés de romarin : officinalis camphré, officinalis à cinéole et officinalis à verbénone.
 

Historique

La légende veut qu’en 1378 un ermite ait donné à la reine de Hongrie, alors âgée de 72 ans, paralytique et souffrant d’arthrite, un breuvage qui lui permit de retrouver sa jeunesse et sa beauté d’antan et d’être demandée en mariage par le roi de Pologne. On parle depuis de la célèbre « eau de la reine de Hongrie », liqueur de jouvence censée surpasser toutes les crèmes et tous les onguents. Bien avant cette date, le romarin faisait déjà l’objet de louanges. Des rameaux ont été trouvés dans les tombes des premières dynasties égyptiennes. Plante sacrée chez les Romains, il assurait bonheur aux vivants et un repos éternel paisible aux morts. Les Romains avaient coutume de le tresser et de confectionner des couronnes réservées aux grandes occasions, principalement les mariages, avant de les déposer sur les tombeaux en guise de protection. Les chrétiens l’associèrent ensuite à la Vierge Marie, qui aurait étendu sur ses rameaux les langes de Jésus, ce qui expliquerait la couleur bleue de ses fleurs et sa floraison le jour de la Passion. Dioscoride et Téophraste le conseillaient comme remède aux affections de l’estomac et du foie, Galien comme remède contre la jaunisse et les troubles de la vision. Mme de Sévigné (1626 – 1696), dans une lettre adressée à sa fille, la comtesse de Grignan, lui conseille l’eau de romarin et lui déclare s’en « enivrer tous les jours […] et la trouver excellente contre la tristesse ».

 

Partie utilisée

Le romarin fournit une huile distillée de bonne qualité à partir de ses feuilles ou de ses sommités fleuries. Le parfum vivifiant de cette huile essentielle est proche des senteurs d’eucalyptus pour les romarins d’Espagne et d’Afrique du nord, proche de l’encens pour les romarins de France et de Yougoslavie.

 

Propriétés

Le romarin est principalement reconnu pour ses qualités digestives et détoxifiantes ; il contribue à la sécrétion de la bile et, par cet effet, facilite la digestion et la purification du corps. Antispasmodique réputé grâce aux flavonoïdes qu’il contient, le romarin est également utilisé dans le cas de ballonnements et de douleurs abdominales. Du fait des acides phénols qu’il renferme, le romarin présente des propriétés diurétiques. Il favorise l’élimination de l’eau par les reins et stimule ainsi l’excrétion urinaire.
Le romarin est un énergisant efficace. Il participe au bon tonus du cœur et aide ainsi l’organisme à se défendre des agressions et stress.
Antiseptique, il est également recommandé en hiver pour calmer la toux et décongestionner les voies respiratoires.
 

Actifs

  •  Acides phénols : caféique, rosmarinique, chlorogénique, néochlorogénique.
  • Huile essentielle riche en dérivés terpéniques : cinéol, bornéol, verbénone, esters, camphène et pinène.
  •  Flavonoïdes : glucosides de la lutéonine, de l’apigénine.

 

Actions

Le romarin verbénone est le détoxifiant par excellence. Cholagogue, il facilite l’évacuation de la bile dans la vésicule et les voies biliaires. Il contribue ainsi à soulager le foie et à faciliter la purification de l’organisme.
Le romarin cinéole est particulièrement recommandé contre certains troubles respiratoires (maux de gorges, inflammation des bronches et des sinus, rhume, maux de tête, fatigue...).
Le romarin camphré soulage les états infectieux, il est apprécié pour ses qualités relaxantes, décongestionnantes et tonicardiaques.

 

Recherches internationales

La Commission E et l'ESCOP reconnaissent l'usage interne du romarin pour soulager les troubles gastriques et son usage externe pour soulager les symptômes des troubles de la circulation sanguine périphérique (mains, pieds, jambes). L'ESCOP recommande aussi le romarin pour améliorer les fonctions biliaires et hépatiques et, en usage externe, comme antiseptique léger.

Une étude italienne in vivo sur les animaux aurait démontré qu’un antioxydant d’un extrait de romarin préviendrait le vieillissement cutané, protégeant la peau des méfaits des radicaux libres. Des analyses sur des rats ont prouvé ses effets hépatoprotecteurs et anti-ulcéreux.

Des études menées in vitro ont montré que l’acide rosmarinique pouvait agir sur la prostaglandine, ce qui expliquerait ses effets anti-inflammatoires. D’autres ont révélé l’efficacité du romarin contre les bactéries et les champignons du tube digestif et des voies respiratoires, ainsi que ses effets antispasmodiques sur les muscles de la trachée et des intestins, donc sur les infections respiratoires et digestives, généralement accompagnées de spasmes.

Les scientifiques canadiens, eux, reconnaissent les propriétés antioxydantes du romarin. Il semble pouvoir se substituer au BHT et au BHA, deux antioxydants de synthèse utilisés dans la conservation des aliments, mais présentant des risques cancérigènes.

 

Contre-indications

À dose excessive, l’essence de romarin peut s’avérer toxique et, dans certains cas, provoquer des malaises épileptiques. La consommation de romarin est à proscrire en cas de grossesse ou d’épilepsie.

 

Le Romarin