L'Iode

Oligo-élément régulateur central de l'organisme

Description

Oligo-élément essentiel à la vie, l’iode intervient dans le fonctionnement de la thyroïde. La thyroïde est une petite glande située à la base du cou. Elle sert à synthétiser les hormones thyroïdiennes, nécessaires à la régulation du métabolisme, c’est-à-dire au fonctionnement des cellules et des organes. L’iode, lui, sert à fabriquer les hormones thyroïdiennes, dont la thyroxine. S’il vient à manquer, le métabolisme peut se dérégler et entraîner de fâcheuses conséquences pour l’équilibre et le bien-être de l’organisme.

En 2005, en France, le nombre de personnes présentant un dérèglement de la thyroïde était estimé à 10%, soit 6 millions de personnes, des femmes principalement. Or, la thyroïde sert à réguler les processus de croissance et les fonctions vitales : consommation d’énergie, température corporelle, rythme cardiaque… Si elle n’est pas approvisionnée en iode, elle ne peut produire la quantité d’hormones suffisantes. Elle accélère alors sa production, grossit, jusqu’à former un goitre.

 

Les hormones thyroïdiennes sont primordiales pour le bien-être de l’organisme tout au long de la vie, plus particulièrement dans la formation du système nerveux au stade fœtal et à la puberté. Toute carence en iode peut provoquer des retards de croissance et divers troubles mentaux. Durant les premiers mois de la grossesse, le fœtus ne peut produire lui-même les hormones nécessaires au développement de son organisme, totalement dépendant de sa mère. Il apparaît donc indispensable que cette dernière ne présente aucune carence. En effet, d’un côté, certaines hormones sont produites en abondance, les oestrogènes et la bêta HCG, contraignant la thyroïde à intensifier sa production ; de l’autre, les pertes sont tout aussi conséquentes et doivent être compensées.
 

Sources

Il est recommandé de prendre quotidiennement de l’iode, notamment sous forme organique.
- On trouve beaucoup d’iode dans tous les produits de la mer, sa principale réserve naturelle : algues, poissons (saumon, aiglefin, morue…), crustacés.
- Les végétaux ne représentent pas les sources les plus importantes en iode, mais on en trouve tout de même dans le soja, les haricots verts, les épinards, le chou, le cresson, l’ail, l’oignon, les navets, les poireaux, les radis, les fruits secs, ainsi que dans quelques céréales (seigle, avoine…), le pain et les laitages. La teneur des végétaux en iode dépend de la richesse des sols, des conditions géographiques et climatiques, l’iode suivant le cycle de l’eau. Abondant dans les mers et les océans, par évaporation, il retombe sur terre sous forme de pluie. Absorbé par les plantes, il entre dans l’alimentation des animaux et, par voie de conséquence, dans celle des hommes.
- Les algues (laminaires, fucus, varech…) sont également des "réservoirs" d'iode importants.

Apports Nutritionnels Recommandés en iode pour la population française, en microgrammes (source : AFFSA) :

Enfant de 1 à 3 ans

80

Enfant de 4 à 6 ans

90

Enfant de 6 à 9 ans

120

Enfant de 10 à 12 ans

150

Adolescents de 13 à 19 ans

150

Adultes (de 20 à plus de 75 ans)

150

Femmes enceintes et allaitantes

200

 

Aliments

 

Teneur en iode en microgrammes pour 100g.

 

Huile de foie de morue

838

Aiglefin

318

Saumon

245

Morue

143

Langoustines

130

Homard

102

Coquillages

78

Huîtres

57

Lard

9,7

Œufs

9,3

Bacon

7,7

Beurre

5,6

Fromage

5

Porc

4,5

Lait de vache

3,5

Mouton

2,8

Pour faire le plein d'iode, il est important d'apporter à l'organisme une alimentation diversifiée et équilibrée, car les sources d’iode ne sont pas forcément très nombreuses, il semble donc préférable de les multiplier.


Historique

Dès l’Antiquité, les carences en iode ont commencé à faire parler d’elles. Comme les femmes enceintes ont des besoins accrus en iode, elles en manquaient souvent beaucoup à cette époque. On avait alors pour habitude de constater une grossesse à la taille du cou. Dans son encyclopédie, Diderot est le premier à avoir traité de « crétin des Alpes » toute personne présentant une carence en iode, susceptible d’entraîner une sorte de crétinisme endémique. Les carences en iode furent dramatiques en France jusqu’au début des années 50, notamment dans les régions montagneuses. A partir de cette date, les autorités sanitaires ont essayé de faire face aux éventuelles carences en iode de la population en décidant l’iodation systématique du sel de table. La tendance est aujourd’hui devenue générale à travers le monde. Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les pays pour lesquels la carence en iode représente encore un problème de santé publique a diminué de moitié en dix ans.


Indications

L’iode participe notamment :
> à la fabrication des hormones thyroïdiennes et au bon fonctionnement de la glande thyroïde,
> au développement intellectuel et cérébral,
> à la croissance des tissus, des cellules et des organes,
> à accroître la fertilité,
> à stimuler la thermogenèse,
> à la régulation du rythme cardiaque,
> au métabolisme des graisses et des sucres.



Contre-indication

A très forte dose, l’iode peut éventuellement engendrer nervosité et difficultés d’endormissement.

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